La France vue d'ici...

Réforme des rythmes scolaires

3 Septembre 2014 , Rédigé par Julien DIDRY

Aujourd'hui dans certaines écoles de France, les grilles resterons fermées. Un bras de fer de certains élus contre la réforme des rythmes scolaires. Au-delà des réactions idéologiques ou politiques, il faut reconnaître que cette réforme renforce les inégalités. On remplace un temps scolaire, gratuit, obligatoire et égal sur tout le territoire à un temps péri-scolaire facultatif, parfois payant avec des activités qui varient en fonction des moyens humains et financiers des communes ou communautés de communes.

Des inégalités qui risquent de renforcer la reproduction sociale et ne rien régler à l'écart qui se creuse entre les bons et les mauvais élèves. C'est surtout cela que je trouve dommageable, car je ne suis pas un spécialiste ou un «expert» chronobiologiste pour donner mon avis sur la semaine de 4 jours ou pas.

Pour autant, sur l'autel de l'intérêt de l'enfant (qui varie en fonction des intérêts personnels), on ne peut pas faire fi de l'intérêt pour la société. Au départ, l'idée de cette réforme était justement de réduire les inégalités comme l'indiquait le Président de la République dans son discours du 9 octobre 2012 «Quant à l'école primaire, elle doit bénéficier d'une pédagogie nouvelle et devenir un lieu où les devoirs pourront être faits plutôt qu'à la maison pour accompagner les enfants et rétablir l'égalité». Personnellement, je suis un fervent défenseur du «tout doit être fait à l’école» (ou presque). Sans arriver vers un «tout égalitaire» utopique, ce modèle donnerait un peu plus de chance aux enfants qui ont un environnement familial compliqué… Mais au-delà des rythmes scolaires, c'est globalement qu'il faut revoir les choses comme le souligne l'OCDE qui attribue une mauvaise note au système éducatif français (lire ici) "Les élèves français sont en décalage avec ceux du reste du monde. Le monde moderne se moque bien de ce que vous savez. Il s'intéresse à ce que vous savez en faire. Il a besoin de gens créatifs, capables de croiser les sujets quand l'école française fait encore trop réciter des leçons. (...) En France plus qu'ailleurs, on n'enseigne pas suffisamment ce qui sera pertinent pour réussir sa vie !"

Mais pour réformer, il faudrait presque que l'éducation nationale soit isolée des clivages politiciens. On a besoin de constance et de cohérence dans la durée. Mais là aussi c'est utopique... 

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