La France vue d'ici...

Lettre ouverte à Axelle LEMAIRE

16 Avril 2015 , Rédigé par Julien DIDRY

Madame la Ministre,

Toutes les études le démontre, de plus en plus de français aspirent à vivre en dehors des grandes zones urbaines, à condition que leur domicile soit connecté aux réseaux, qu’ils soient ferroviaires, routiers, numériques, culturels etc… Ces évolutions sociétales sont à mettre en perspective avec les questions à se poser sur la limitation de la «verticalisation urbaine» et les concentrations dans les cités, tout en limitant l'étalement urbain et sa consommation de terres agricoles qui doivent nourrir une population mondiale croissante. Les territoires ruraux qui représentent 80% du territoire français ont indirectement un rôle majeur à jouer dans la politique de la ville et du logement. En effet, nos départements seront une terre d'accueil pour de nouvelles populations, à condition de devenir un territoire engagé dans la modernité et connecté aux grands pôles urbains régionaux.

Concernant le numérique, lors de mon intervention aux assises des ruralité fin 2014, j’avais souligné les « limites » du plan très haut débit. C’est une excellente initiative qu’il ne s’agit pas de remettre en cause, mais ce dispositif pourrait être complété par une péréquation. En effet, malgré les aides financières du plan THD, le résiduel à la charge des collectivités reste très lourd pour certains départements comme la Meuse. Cette péréquation pourrait être le fruit d’une solidarité entre les zones considérées comme «rentables» par les opérateurs (qui bénéficient ou vont bénéficier de la fibre financée à 100 % par les opérateurs, notamment dans le cadre de l’Appel à Manifestation d’Intérêt) et les autres, comme notamment les territoires ruraux, qui doivent financer leurs équipements. Il n’est pas inutile de rappeler que pour les territoires qui bénéficient du Très Haut Débit financé à 100% par les opérateurs, ce sont au total plusieurs milliards d’euros d’économisés.

On a déjà connu une telle situation au siècle dernier avec l’arrivée de l’électricité. En 1936, le parlement a adopté la création d’un Fonds d’amortissement des Charges d’Electrification. Une sorte de péréquation entre les grandes aires urbaines et les communes rurales. Peut-être que sans cela, les ruraux se seraient éclairés plus longtemps à la bougie. Peut-on comparer l’électricité au numérique ? C’est sans doute différent, mais sans un débit de qualité demain, je crains que la lumière s’éteigne dans certaines communes.

Bien à vous,

Julien DIDRY

 

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