La France vue d'ici...

Il faut un électrochoc politique

15 Décembre 2015 , Rédigé par Julien DIDRY

Au lendemain des élections régionales, tous les états-majors politiques analysent les résultats pour trouver une explication au score du FN. Inutile de chercher midi à quatorze heure, la réponse doit être globale, c’est à dire nationale et locale.

Localement en Meuse, si on se penche sur les villes (et bourgs) de plus de 1000 habitants, on peut voir que le FN est en tête dans une grande majorité d’entre-elles. Au total, 50 % des voix FN en Meuse sont issues des villes de plus de 1000 habitants (soit moins de 30 communes sur 500).

Donc, inutile de stigmatiser tel ou tel territoire, telle ou telle classe socio-professionnelle, le problème est global et concerne toute la Meuse. Même si beaucoup de meusiens ont voté sur des considérations nationales qui ne sont pas de compétence régionale, la région Grand Est aura un rôle majeur à jouer dans le soutien aux investissements structurants, bénéfiques pour l’attractivité et l’emploi. Je pense notamment au numérique... Car au-delà du vote d’adhésion qui n’est pas neutre, le vote extrême est aussi lié à la précarité et au chômage avec en plus le rejet du personnel politique.

En effet, il y a une crise de confiance envers les politiques, ce n’est pas un scoop. Il faudrait un électrochoc pour inverser cette tendance. Et c’est très simple… Ca commence par des économies immédiates sur le train de vie de l’état. De l’Elysée en passant par le gouvernement, les parlementaires etc… Des mesures qualifiées de symboliques par certains, qui s’obstinent à les comparer aux 2000 milliards de la dette. Au-delà de l’aspect purement financier, les politiques de droite comme de gauche, donneraient un signe au français, celui d’un pays qui demande des efforts en commençant par son «élite». Et là, et seulement là, ils seraient crédibles. Il faudrait aussi limiter les mandats dans la durée et limiter l’âge…

Plus globalement, il va falloir aussi sortir de cet individualisme enfanté par notre société. Le “touche pas à mes avantages” est prégnant à tous les échelons. Mais comment demander des efforts aux gens, si l’élite politique s’en exempte ?

Par ailleurs, notre système est fondé sur une logique de conquête de pouvoir qui débouche sur une critique systématique de l’autre quel qu’il soit, à droite comme à gauche. Pourtant sur certains sujets essentiels, on aura pas d’autres choix que de s’unir. Car aujourd'hui, aucun parti politique, voire aucune majorité politique, n'a une base électorale suffisante pour réformer le pays. 

Si on résume, il faudrait une réforme immédiate avec une réduction du train de vie de l'élite et ensuite mener 4 ou 5 réformes majeures dans le cadre d'une union nationale autour d'un programme républicain dépassant les clivages gauche/droite.

Simple à écrire, moins facile à mettre en oeuvre j'en conviens, mais compte-tenu de la situation du pays, ils n'auront pas le choix. Aujourd’hui ? Demain ? Alors plutôt que de le faire sous la contrainte, ne serait-il pas plus judicieux de l'anticiper ?  Je pense que les français sont prêts à accepter des sacrifices à condition que les efforts soient justement répartis et que la direction proposée soit claire. 

 

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LOMBART Dominique 19/12/2015 11:32

Je partage et adhère à tout ce qui est dit mais je ne vois pas l'homme, le parti, l'évènement qui nous permettrait de faire évoluer ce système où toutes les personnes impliquées (les politiques) y trouvent leur intérêt. L'ENA et SCIENCES PO leur ont tout appris sauf se faire Hara Kiri ! (lol)
Ce qui est grave dans notre démocratie, c'est que nous sommes amenés à accomplir par le vote notre devoir de citoyen en votant pour des représentants dont on sait qu'ils ne partagent pas nos valeurs, nos espoirs.Le citoyen est otage !

Patrice Michel 15/12/2015 18:41

Malheureusement , je crois que nous ne sortirons pas demain de la "logique des blocs" et que nos politiques sont insensibles à l'electro-choc de dimanche dernier...