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Quelle ruralité en 2030 ?

25 Mars 2009 , Rédigé par Julien DIDRY Publié dans #Infrastructure

Dans son dernier numéro, « INRA magazine » présente un dossier intitulé « les nouvelles ruralités en 2030 ». Selon l’institut de recherche, « notre imaginaire reste focalisé par l’exode rural et pourtant les campagnes ont profondément changé depuis plusieurs décennies ». Et c’est vrai que les campagnes sont à la fois des lieux de résidence, de loisirs, de production et de nature. D’autre part, dans une couronne autour des villes qui tend à s’élargir, se développent des espaces périurbains, hybride de ville et de campagne. Ces territoires sont très prisés par « les accédants » à la propriété, car ils conservent généralement un paysage campagnard, marqué par les cultures, la forêt, l’habitat pavillonnaire, le tout avec de bonnes infrastructures routières.

Dans ce dossier, quatre scénarios d’évolution des relations villes-campagnes sont présentés de manière prospective. C’est une invitation « à déplacer notre regard vers des futurs possibles et souhaitables à envisager collectivement ». Extraits.

Scénario 1, la ville s’étale

En 2030, les agglomérations s’étalent et les campagnes périphériques se « périurbanisent » massivement. Par endroit, les aires d’influence métropolitaine atteignent parfois la taille de région entière. Les résidents périurbains profitent d’un cadre de vie plutôt rural et travaillent en ville. Ils se déplacent beaucoup en transport collectifs (ou voitures électriques). L’économie des territoires ruraux est essentiellement résidentielle. La diffusion des zones pavillonnaires et d’activités conduit à la formation d’un tissu discontinu de champs, de bois, de maisons, de zones d’activités et de routes. L’agriculture, située dans les espaces ouverts, est soumise à une forte concurrence de sol. Elle adapte ses pratiques pour répondre aux attentes de la population en augmentant sa productivité et le contrôle de ses effets sur l’environnement.  La gouvernance des territoires est marquée par un certain « laisser-faire » de l’action publique vis-à-vis de la périurbanisation. De ce fait, « les ménages aménagent le terrtoire ».

Scénario 2, un pied à  la ville l’autre à la campagne

En 2030, les individus aisés et mobiles ont adopté de nouveaux styles de vie et ils alternent des séjours en ville et à la campagne. Connectés aux villes par des transports collectifs performants, les territoires ruraux valorisent des atouts naturels ou culturels, offrant cadre de vie, paysages, écosyst-mes, patrimoine matériel ou immatériel. L’usage des TIC (Internet etc…), permet aux habitants de travailler à distance. Des innovations sociales (échange et location)  facilitent la résidence dans le territoire. Localement, les territoires ont développé une économie qui englobe services aux populations. La gouvernance territoriale est hybride entre acteurs publics et privés. L’agriculture assure l’entretien des paysages territoires et la gestion des écosystèmes. Elle répond à une forte demande de proximité en produits du terroir (AOC, Bio, etc…).

Scénario 3, la ville s’érige

En 2030, les rapports entre villes et campagnes ont été bouleversées par l’augmentation de l’énergie fossile en l’absence d’innovations techniques, et a des politiques de limitation de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Du coup, la périurbanisation a pris fin et la « verticalisation » se densifie en ville pour loger les ex-ruraux. Des formes de « micro-campagnes» intra-urbaines mêlant parcs urbains et activités agricoles rendent la ville plus agréable à vivre. Les espaces ruraux sont destinés à la production pour l’alimentation ou l’énergie, la chimie et des services écologiques. Des fortes interventions publiques s’appuyant des politiques incitatives dans les domaines de l’habitat, du transport et des infrastructures écologiques.

Scénario 4, les campagnes dans les mailles des réseaux des villes

En 2030, une multitude de territoires imbriquent villes et campagnes. Les personnes ne sont plus attirées par les grandes agglomérations, mais par les villes moyennes ou petites et les bourgs ruraux. La répartition des populations est équilibrée grâce aux réseaux de villes qui offrent des services dans un rayon de 30 km. L’économie territoriale se fonde sur une diversité d’activités «productive» et résidentielle. Les TIC pallient l’enclavement de certains espaces, et facilitent les relations entre territoires, le travail à distance et l’accès aux services. Du côté agricole, différents systèmes coexistent (intensif, conventionnel, bio, etc…). La gouvernance s’appuie sur une forte mobilisation des acteurs locaux soutenus par des politiques publiques nationales.

Quel scénario s’approchera le plus de la réalité dans 20 ans ? En tout cas, il y a tout de même des tendances lourdes qui se dégagent. On se rend compte que le devenir des campagnes ne peut plus se concevoir indépendamment de celui des villes. On note aussi que le développement du transport urbain collectif et des TIC est essentiel. Et vous, quel scénario vous séduit ?

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sleb 25/03/2009 21:48

"L’usage des TIC (Internet etc…), permet aux habitants de travailler à distance." Pour le moment, les progrès semblent maigres."les rapports entre villes et campagnes ont été bouleversées par l’augmentation de l’énergie fossile" il est possible de rajouter le coût de l'étalement horizontal des villes.Il me semble qu'une verticalité des villes ne peut se conçevoir que dans une phase de transition en attendant de trouver une énergie de remplacement au pétrole. Les gens aiment trop vivre dans une maison d'une part et être libre de leurs mouvements d'autres part.Je trouve que le scénario 4 est déjà proche de ce que l'on peut observer aujourd'hui.Cordialement