La France vue d'ici...

Histoire d'image

14 Avril 2012 , Rédigé par Julien DIDRY Publié dans #Débat

«Quand y’a un gars qu’y’est obligé d’v’nir viv’ din ch’Nord, y braie deux foâs : quand’y’arrive et quand’y’r’part». Cette citation du film «bienvenue chez les ch’tis», ça fait belle lurette qu’on l’utilise chez nous. Peut-être avec moins de talent que Dany Boon, mais le résultat est le même : «quand on vient en Meuse, on pleure deux fois : une fois en arrivant, une fois en repartant». Cela signifie surement que notre département est agréable, qu’on s’y attache, qu’il y fait bon vivre etc… Mais ce n’est pas l’image que la Meuse dégage au premier abord.

Une image forcément marquée par la Grande Guerre. Une guerre qui fait partie de notre vie, qu’il ne faut surtout pas renier, mais qui contribue à cette image particulière. Je ne parle pas des touristes qui viennent visiter les champs de bataille (même si on note une érosion), je parle des autres, des cadres, des haut-fonctionnaires (même si ils n’ont pas toujours le choix) etc…

Reconnaissez qu’il est très difficile d’aborder ce sujet chez nous et pourtant il est vital pour la Meuse de se projeter aussi vers l’avenir. Nous les Meusiens, celles et ceux qui comme moi sont nés autour des champs de bataille, nous qui avons un grand-père qui à combattu sur ces territoires, qui a été blessé, voire tué, nous sommes peut-être plus qu’ailleurs sensibles à la mémoire. Pour autant, il faut admettre que nous sommes à un virage, aujourd’hui ces territoires entrent dans l’histoire.

Ca prendra du temps, mais il faudra faire évoluer l’image, car notre Meuse a aussi d’autres atouts. Une terre entre histoire et nature, un positionnement géographique intéressant,  le TGV, une agriculture, de l’espace… bref c’est un département qui a de l’avenir. Sachons-nous mobiliser dans ce sens en dépassant les clivages et les intérêts divers et variés…        

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FAbrice 17/06/2009 06:42

C'est vrai qu'on ne vient pas en Meuse par hasard !Peut etre que des efforts en matiére de communication permettraient d'eviter que la population ne quitte cette région (arrets plus frequents en gare TGV) et en feraient venir d'autres

Bertaga 15/06/2009 11:12

"verdun, on y vient en reculant, on la quitte en pleurant". C'est par ces quelques mots que j'accueille mes visiteurs. Avec le temps qui passe et la Première guerre mondiale qui devient de plus en plus lointaine, il va falloir négocier un virage des plus serrés.Les options sont nombreuses. La Meuse regorge de patrimoine non lié à la guerre, les paysages sont magnifiques, un parc national pourrait voir le jour près de chez nous (si on s'en donne les moyens), les nouvelles technologies pourraient être mises avant, les énergies renouvelables également. Il doit être possible de profiter de la renommée mondiale de Verdun (liée à la guerre) et de capitaliser sur d'autres thématiques (développement durable et nouvelles technologies). Il faudrait également, et surtout, quitter ce tourisme de "mémoire" et accépter, enfin, un tourisme d'Histoire. Le risque, sinon, c'est que notre champ de bataille tombe progressvement dans l'oubli, comme l'a fait celui de 1870...Yes, we can.