La France vue d'ici...

Les politiques et le monde de l’entreprise !

28 Octobre 2012 , Rédigé par Julien DIDRY Publié dans #Coup de gueule

A quelques jours de la sortie du rapport Gallois sur la compétitivité, les tensions entre les entrepreneurs et le gouvernement s’accentuent. Dimanche après-midi, Martine Aubry assénait «les leçons, ça suffit» aux chefs d’entreprises et de son côté, Olivier Besancenot, comparait le mouvement des «pigeons*» à des «vautours»L'entreprenariat en France ne se limite pas aux dérives liées à la spéculation financière, déconnectée de l'économie réelle. 

Au-delà de certaines postures idéologiques, il y a aussi une évidente méconnaissance des réalités économiques du monde de l’entreprise pour bon nombre de politiques. Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, nous avons un gouvernement dont aucun membre n’a jamais travaillé dans une entreprise. Difficile de comprendre un monde qu’on ne connaît que dans les livres…

Il n’est pas surprenant que des lois votées soient déconnectées de la réalité. Comment pourrait-il en être autrement, compte tenu du déséquilibre de représentation des classes socioprofessionnelles au parlement (lire ici)A l'Assemblée, beaucoup de députés sont issus du secteur public et connaissent mal les contraintes d'un marché concurrentiel. Regardez autour de vous, le nombre d’élus issus de la fonction publique.

Certes, on ne peut pas résumer l'action politique d'un individu à son sexe, son âge ou sa profession. Mais sans aller jusqu'à une parfaite représentativité, il faut l’améliorer. Tout cela doit s’inscrire dans le paquet «statut de l’élu» qui doit inclure, une limitation des mandats dans la durée et une limite d’âge...

 *Le mouvement des pigeons a été créé il y a quelques semaine pour protester contre des mesures fiscales dans le projet de loi de finance 2013. Fédérant des auto-entrepreneurs et des créateurs de start-up etc...

 

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Laurent 11/11/2012 00:11


Je suis d'accord avec ce constat désolant, et il est clair que la faible représentation du secteur privé au parlement est malheureusement à l'image de la faible volonté des entreprises à
contribuer au développement durable de leur communauté. Car si l'engagement envers la collectivité est la raison d'être du secteur public, il faut reconnaître que le secteur privé s'en
désintéresse de plus en plus, et ce quelque soit la taille des entreprises. Mais si l'on s'interroge sur les raisons de ce désengagement,  on constate des situations différentes selon que
l'on parle des PME / TPE ou des grandes entreprises.


Pour les PME et les TPE, le désengagement est directement lié aux difficultés économiques auxquelles elles doivent faire face, et à plus forte raison en temps de crise. La fragilité économique et
l'effectif réduit de ces petites structures ne permettent pas aux dirigeants, pourtant soucieux de soutenir l'économie locale dont ils sont dépendants, d'encourager leur salariés à s'engager par
exemple dans l'action politique. Et cette situation n'est pas prête de s'arrêter compte tenu du faible intérêt que le gouvernenant porte à ces entreprises qui réalisent pourtant 60% du PIB.


Pour les grandes entreprises, la raison est ailleurs. Ici, c'est la recherche du profit immédiat, et l'obsession de toujours plus de profit qui animent les chefs d'entreprises. Les marchés de ces
entreprises dépassant largement les frontières de la région, elles ne ressentent pas la nécessité de soutenir son développement. Et c'est malheuresement encore plus vrai lorsque le capital est
détenu par un fond de pension quelconque, basé à plusieurs milliers de kilomètres, et plus intéressé par la rentabilité de son investissement que par le développement de la communauté. Pour
changer cette situation, le gouvernement pourrait par exemple inciter les entreprises à engager des actions visant à assurer le développement durable de la communauté locale. Ces dernières
seraient peut être plus disposées à encourager leurs salariés à s'engager dans l'action politique, et ainsi améliorer la représentation du secteur privé dans les instances gouvernant notre pays.