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La face cachée de la réforme territoriale

29 Novembre 2009 , Rédigé par Julien DIDRY Publié dans #Coup de gueule

J’étais hier à une réunion organisée par le Conseil Général de la Meuse dans le cadre de la réforme territoriale. Avant d’entrer dans la salle, j’avais des doutes et en ressortant, j’en avais autant. Compte-tenu de la complexité de la réforme et du manque de visibilité, c’est normal. Pour répondre aux nombreuses questions des élus locaux, étaient présents Gérard Longuet, Sénateur et Président du groupe UMP au Sénat en avocat du projet, et Yves Krattinger, Sénateur PS et Président du Conseil Général de Haute-Saône, beaucoup plus réservé sur le sujet. Au-delà des idées politiques, Il faut reconnaître la qualité des deux intervenants qui ont tenté d’apporter des éclairages aux 300 élus qui avaient fait le déplacement. Le plus compliqué pour les édiles qui ne sont pas aux ordres d’un parti, est de se faire une idée objective en faisant le tri dans les arguments partisans.

A chaud, je pense que cette réforme s’éloigne doucement de l’objectif initial fixé par le Président de la République dans sa lettre de mission au comité Balladur à savoir «proposer les mesures propres à simplifier les structures des collectivités locales, à clarifier la répartition de leurs compétences et à permettre une meilleure allocation de leurs moyens financiers». Même s’il y a de bonnes choses dans la réforme, je ne suis pas convaincu que toutes les propositions tendent à une véritable simplification. Et en France on sait faire pour complexifier les choses…

Il y a un autre point qui me gène. Même si on nous targue que l’échelon communal ne sera pas touché, j’ai la vague impression que «l’évaporation des communes dans l’intercommunalité», comme l’a prôné Edouard Balladur, se trame derrière ce projet de loi. Ce n’est pas par hasard, si l’association des Maires Ruraux de France est hostile à ce projet, je cite «une réforme qui menace l’avenir des communes rurales, qui affaiblit les territoires et leurs représentants». La communauté de communes doit rester un outil de coopération permettant de faire à plusieurs ce que l’on ne peut faire seul et de manière cohérente. Certes, tout n’est pas parfait, il reste des réglages et rationalisations à effectuer, mais c’est plutôt bien avancé. Je pense qu’il est plus urgent de se pencher sur la gouvernance dans l’intercommunalité, qui varie fortement en fonction des territoires ou plutôt des Hommes.

Vue de l’extérieur, la position des Maires Ruraux peut vous sembler corporatiste. Je pense que le modèle français, avec ses 36000 communes, qui dérange les technocrates parisiens est loin d’être désuet. C’est peut être même un modèle d’avenir… La commune reste l’échelon de proximité par excellence, je n’en démords pas ! Et pas seulement pour les tâches administratives… mais aussi pour faire vivre la démocratie sur le terrain. 

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florent 03/01/2010 19:05


ne serait il pas question d'une reforme territorial politique qui viserait à eliminer les regions succeptibles de remporter des suffrages à gauche afin de definitivement rester une france de
droite?


FAbrice 30/11/2009 08:41


il y a quelques années en arriére,alors qu'il n'était pas encore président, il avait déja dans l'idée de se pencher sérieusement sur le modéle des "communes" belges qui ont fusionné divisant
presque par quatre le nombre de petites communes,avec tous les soucis qui vont avec !Certe a court terme on reduit potentiellemnt le nombre d'acteurs directs de la vie politique mais n'y a t il que
cela qui importe?la vie au quotidien des habitants des communes n'est elle pas à prendre en compte?
ça, la création de grandes métropoles ...serait ce la mort annoncée de nos petits villages ? affaire à suivre...